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Réflexions sur l'énergie, le climat, et l'avenir de l'humanité ....

Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 10:25

Je présente ici une estimation d’un scénario de production de différents combustibles fossiles (pétrole, gaz, charbon), scénario qui reproduit essentiellement les travaux de Lahérrère et d'autres auteurs de l'ASPO. Je ferai plusieurs posts sur ce scénario, ce premier présentant la méthode de calcul des courbes, avant de présenter des résultats "plausibles", et de les comparer aux autres scénarios (en particulier ceux du GIEC).

 Contrairement à la très grande majorité des scénarios publiés par les agences officielles, ces scénarios ne sont pas basés sur des hypothèses économiques, c’est à dire sur l’estimation des besoins futurs en supposant un certain taux de croissance. Ils sont basés sur des contraintes géologiques, en supposant une certaine quantité de réserves accessibles, et ne font pas d'hypothèse spéciale sur l'économie sous jacente.

C’est une différence de philosophie très importante : le scénario présenté ici ne fait pas d’hypothèses a priori sur la croissance économique future, il suppose qu’elle s’adaptera aux contraintes géologiques. Le résultat, c’est que différentes hypothèses d’évolution de l’intensité énergétique , avec différents efforts d’adaptation, d’économie d’énergies, produiront des effets très différents : dans les scénarios "officiels", la croissance économique est plus ou moins fixée et constante, et donc c’est la consommation d’énergie qui va varier dans des intervalles assez larges si on améliore l'efficacité de l'utilisation énergétique. Alors que dans le scénario présenté ici, c’est plutôt le contraire : la consommation d’énergie est plus ou moins contrainte, et c’est la croissance économique qui s’adaptera. La courbe de production énergétique sera donc essentiellement indépendante des efforts pour "économiser l'énergie", c'est le PIB qui en dépendra fortement - alors que c'est l'inverse dans les scénarios officiels.  Il est important de garder à l’esprit la différence fondamentale que nous introduisons au départ, et qui, comme nous le verrons plus tard, produit -logiquement - des résultats sensiblement différents à la fin.

Revenons à nos scénarios : comment sont-ils précisément calculés ? comme nous l’avons vu, une modélisation approximative de la courbe de production d’une ressource finie est donnée par le modèle de Hubbert, basé sur l’équation logistique. Nous avons vu aussi que ce modèle est approximatif et ne va pas reproduire très précisément la courbe instantanée de production. En revanche, il donne une image générale globale, en ordre de grandeur, de cette courbe.  Et même si cette courbe est fausse, elle permet quand même de définir un « scénario de base » , quitte ensuite à discuter des raisons possibles pour lesquelles le scénario réel pourrait s’en écarter. En quelque sorte, ces courbes fournissent une référence de base.

Pour établir une courbe de Hubbert, il faut connaître trois paramètres. Il y a plusieurs façons différentes de les exprimer, mais il en faudra toujours trois. On peut définir la courbe par exemple par :

  • ·      son intégrale totale (la quantité ultime qui sera extraite à la fin)
  • ·      la date du pic (production maximale)
  • ·      la production annuelle maximale au pic.

Une fois fixés ces trois paramètres, alors toute la courbe est fixée de manière unique.

Comment déterminer ces paramètres ? Bien sûr , en utilisant les informations disponibles. Ces informations sont de deux sortes :

  • -       les informations sur la courbe de production passée, déjà connue
  • -       les études géologiques tentant de déterminer la quantité de fossiles restant sous terre.

Aucune de ces informations n’est très précise : on va donc avoir certainement des barres d’erreurs pour toutes ces valeurs, mais encore une fois le but est surtout d’obtenir une courbe raisonnable.

Une caractéristique intéressante de la courbe de Hubbert est que, loin de son pic, elle est proche d’une courbe exponentielle : soit une exponentielle croissante quand on est loin dans le passé, au début de l’exploitation, soit une exponentielle décroissante quand on a passé largement le pic, à la fin donc de la courbe. Le caractère symétrique de la courbe fait d’ailleurs que le taux de décroissance asymptotique est égal au taux de croissance initial (une remarque intéressante puisqu’elle permet d’estimer le taux de décroissance après le pic à partir de la courbe passée).

Il est d’ailleurs possible de démontrer que ce taux est exactement le double de l’inverse du rapport « réserves sur production » R/P (qui correspond au nombre d’années de réserves ) au moment du pic , soit 2Pmax/R  =4Pmax/Qo , où Qo est la quantité totale d’hydrocarbures extraites , et Rmax = Qo/2 étant les réserves au moment du pic, qui sont exactement la moitié du total dans le modèle de Hubbert.

Ainsi, pour le pétrole, où on estime être proche du pic actuellement, il y a environ 40 ans de réserves. L’inverse de ce temps donne 1/40 = 2,5 % /an, et donc le taux asymptotique de décroissance futur serait, dans ce modèle,  de  - 5 % / an . Remarquons que ce chiffre est proche à la fois du taux de croissance initial de la production pétrolière, et du taux de dépletion actuellement constaté pour les champs « matures ».  Ce qui est assez logique puisque quand le pic sera largement passé, tous les champs seront « matures » … L’estimation paraît donc raisonnable et robuste , et en accord avec les données connues.

Si on impose à la courbe de Hubbert de reproduire la courbe initiale de production, de type exponentielle, cela permet donc de fixer 2 contraintes (une exponentielle « sans pic » n’ayant que 2 paramètres libres, puisqu’elle est du type A exp (r t) ). Il faut donc un troisième paramètre pour déterminer complétement la courbe, et ce 3e paramètre, c’ est justement la quantité finie ultime Qo. En d’autres termes , si on connaît Qo ET le début de la courbe ( approchée par une exponentielle) de croissance, alors la courbe de Hubbert est aussi complétement déterminée (y compris la date du pic et sa valeur).

Les paramètres sont résumés sur cette courbe "typique":

 

Hubbert.jpg

Oui mais comment connaître Qo ? très bonne question bien sûr, c’est l’inconnue essentielle du jeu.  Une première manière est de faire confiance aux estimations sur le contenu des gisements, évalués par des géologues, en tenant compte des taux d’extraction. Evidemment il y a un certain nombre d’incertitudes, les moindres n’étant pas que parfois ces chiffres sont simplement maintenus secrets (une loi en Russie punit pénalement ceux qui divulgueraient des chiffres relatifs aux réserves de pétrole et de gaz.. et pour les pays de l’OPEP, ces chiffres sont simplement des déclarations « sur l’honneur » non vérifiés par des experts indépendants). Une autre difficulté est que les taux d’extraction et les perimètres accessibles peuvent varier avec le temps.

Une autre approche est de regarder plus précisément l’évolution de la courbe de production initiale. Pour cela, il est utile de former le rapport P(t)/Q(t), c’est à dire le rapport de la production annuelle, divisée par la quantité totale qui a déjà été extraite au temps t.

Si la courbe était une vraie exponentielle, ce rapport serait constant et égal au taux de croissance de l’exponentielle, r . En effet si on a P(t) =  A exp(rt), alors Q(t) = A exp(rt)/r  (c’est la primitive de P(t)). Mais dans le modèle de Hubbert , on a P/Q = 4Pmax/Qo (1-Q/Qo) = r(1-Q/Qo) , où on reconnaît le taux de croissance initiale r, mais avec un facteur décrivant une décroissance linéaire de ce taux en fonction de la quantité extraite. Autrement dit, dans le modèle de Hubbert, la quantité P/Q portée en fonction de Q doit décroitre linéairement, alors qu’elle reste constante pour une exponentielle. C’est précisément cette décroissance linéaire qui traduit le fait que la courbe de Hubbert s’écarte de plus en plus de l’exponentielle, jusqu’à ce que P s’annule pour Q = Qo, c’est à dire quand tout a été extrait.

C’est le principe de la méthode dite de « linéarisation de Hubbert » : porter P/Q en fonction de  Q et extrapoler la droite obtenue permet de déterminer Qo par l’intersection avec l’axe des abscisses à P = 0 . Mais là aussi, la méthode suppose que la courbe passée est proche d’une courbe de Hubbert, ce qui n’est nullement garanti. En fait, elle suppose que la décroissance du rapport P/Q suit exactement la loi linéaire de Hubbert, ce qui est rarement le cas. Néanmoins elle a été appliquée, avec plus ou moins de succès (d'autant plus que la courbe est proche d'une courbe de Hubbert, puisque la méthode n'est adaptée qu'à une courbe de Hubbert "idéale"). Par exemple voilà la courbe de linéarisation pour le Texas (source)

http://static.flickr.com/44/145149303_e59bbf9890_o.png

Dans la suite, je ne ferai pas d'études spécifiques basées sur ces courbes, je me contenterai de partir de réserves jugées "raisonnables", qui seront les réserves prouvées + une partie des réserves probables, avec toutes les incertitudes bien sûr sur ces valeurs. Mais comme je disais, l'interêt sera surtout de définir un "scénario de base" et de discuter après ce qu'il faudrait pour le faire varier. 

 

Par climatenergie - Publié dans : Energie
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Commentaires

Très intéressant. Il me semble que cela s'applique assez bien à n'importe quel champ pétrolier. Mais je m'interroge sur la possibilité de l'élargir à l'ensemble des champs :

  • Sur un champ la géologie est le facteur prépondérant
  • Sur l'ensemble des champs il y a interaction avec l'économie car l'effort de recherche dépend du prix

Par exemple il me semble qu'on est depuis 2005 sur un plateau oscillant

http://transition.wifeo.com/impact-economique-du-petrole.php

ce qui cadre mal avec la courbe idéale de Hubbert. Mais j'attend la suite avec intérêt.

Commentaire n°1 posté par Très intéressantRUTILY le 21/01/2012 à 19h49

Bonjour Rutily

 

c'est sûr, la forme exacte n'est pas une courbe de Hubbert. Mais si c'est une courbe en cloche, commençant par un taux de croissance à peu près constant, et se terminant par une décroissance à taux aussi à peu près constant, ça n'en sera pas très éloigné :). Le sommet est en fait assez "plat", donc un plateau oscillant près du maximum reste encore compatible avec une courbe assez proche de celle de Hubbert (voir les posts suivants).

Réponse de climatenergie le 22/01/2012 à 12h49

Bonsoir,

 

Ce qui pose question dans ces attendus très généraux, comme signalé dans une précédente discussion, c'est la notion de réserve géologique en faisant abstraction de la technologie. Les économistes sont certes déconnectés et raisonnent souvent sur le principe d'une Terre sans limite, où la seule variable importante est l'investissement (tant qu'on investit, on produit). En même temps, le fait est qu'une réserve géologique n'a pas trop de sens en tant que telle, si les Romains, les Egyptiens ou les Médiévaux n'exploitaient pas le pétrole, ce n'est pas que les réserves manquaient (il y en avait bien plus qu'aujourd'hui!), mais que les technologies pour explorer, extraire, raffiner et utiliser n'étaient pas encore là. On voit donc intuitivement que la réserve géologique n'est pas une grandeur indépendante de l'outil technologique quand on veut calculer ce qui est exploitable.

 

Je me demande donc quel statut on donne à certaines réserves. Si je prends le kérogène, doit-on l'inclure dans les réserves géologiques sachant qu'on préférera peut-être la coûteuse transformation par pyrolyse à rien du tout, et que cette transformation finira peut-être par être moins coûteuse? Les Estoniens arrivent quand même à le brûler, donc ce n'est pas complètement aberrant d'imaginer que l'on préfère un jour cette solution à la pénurie.

Commentaire n°2 posté par skept le 21/01/2012 à 23h57

Bonjour

il me semble qu'il faut distinguer deux causes possibles d'erreur :

* la courbe ne serait pas du tout une courbe de Hubbert

* la courbe est bien une courbe de Hubbert, mais on estime mal les paramètres.

Evidemment en réalité ces deux erreurs sont certaines , puisque la courbe n'est sûrement pas exactement une courbe de Hubbert, et on a sûrement pas ses paramètres exacts ! la seule question véritablement intéressante est de savoir si on fait une énorme erreur (facteur 2, 3 ? ) ou bien si on a une approximation raisonnable à 10 ou 20 %, mettons dans une période "interessante" de 50 à 100 ans.

La question des réserves non conventionnelles est délicate parce que si elles sont exploitées, rien ne dit que ce soit au même rythme et sous quelle forme ! il n'est pas du tout impossible qu'on brûle les schistes bitumineux comme du charbon en Estonie, parce que finalement c'est trop galère et trop cher d'en extraire du pétrole - mais dans ce cas il faudrait plutot les ajouter au charbon ( ou au "tout solides"), qu'aux "tout liquides" - et l'importance des réserves de charbon étant bien supérieures à celles du pétrole, elles deviennent tout à coup assez marginales économiquement !

A noter aussi que les méthodes comme la linéarisation de Hubbert , si elles ont l'inconvénient de supposer une forme "hubbertoide" pour bien marcher, ont l'avantage de ne PAS dépendre des estimations géologiques des réserves. Elles reposent juste sur l'idée que la courbe inclut en elle-même, dès le départ, l'information nécessaire sur la forme de la courbe (spécifiquement la décroissance du taux de croissance) pour donner par extrapolation la valeur correcte de Qo : ça suppose implicitement que les progrès n'arrivent pas brutalement à un moment, sans avoir jamais été anticipé avant,  mais améliorent continuellement l'efficacité de l'extraction, dès le début de l'exploitation, qui fait que leur impact est déjà visible au début de la courbe. Ainsi , de cette façon, l'augmentation des réserves géologiques avec le temps est DEJA prévisible par extrapolation des progrès passés : si le total donne finalement bien une courbe de Hubbert, alors la méthode marchera pour déterminer le "bon" Qo futur, meme si on ne sait pas encore où sont les réserves correspondantes, en incorporant automatiquement la croissance passée des réserves connues. Ce n'est pas une éventualité totalement farfelue .... 

 

 

Réponse de climatenergie le 22/01/2012 à 09h29

Ah je comprends : une courbe de Hubbert (surtout si elle est mise à jour jusqu'aux années 2000) intègre dans sa forme les progrès technologiques d'exploration-extraction accomplis depuis 1850 (début de l'exploitation commerciale moderne), donc si ces progrès technologiques ont une influence significative, on le voit de toute façon sur la courbe en question. Mais le problème est alors, dans le cas du pétrole : la courbe "liquide" (conventionnel) est-elle fusionnable avec la courbe "tout liquide" (C + NC), ou alors faut-il produire des courbes indépendantes pour chaque type de source? Qu'est-ce qui garantit géologiquement (sans critère économique a priori) que nous ne sommes pas au début d'une courbe NC qui ne représente que quelques millions de barils en 2012, mais qui pourra culminer à 100 millions de barils en 2075, courbe correspondant dans ce cas à un autre cycle "historique" et technique que la courbe liquide C?

Commentaire n°3 posté par skept le 22/01/2012 à 12h02

voilà (en tout cas c'est une éventualité possible) : que la forme de la courbe actuelle contient déjà l'information utile pour les progrès à attendre et les dernières découvertes à faire. Evidemment, comme toute extrapolation, ça repose sur des hypothèses que ça continue plus ou moins au même rythme...donc rien ne GARANTIT que c'est le cas pour le futur. L'interêt est plutôt de mieux déterminer ce qu'il faudrait pour que ça s'en écarte significativement - et du coup de l'integrer dans une "probabilistique" du futur. Si on réalise que produire 100 millions de bl/jour en 2100 demande des progrès techniques dont on n'a aucune idée de comment les faire, ça a un tout autre sens que si l'extrapolation de la courbe de Hubbert connue donnait "naturellement" ces 100 millions de bl, bien sûr. Mais ce n'est finalement pas très différent du problème climatique ... :)

Réponse de climatenergie le 22/01/2012 à 12h29

A signaler dans le dernier Nature, ce papier sur le PO. J'essaierai de revenir sur son contenu. Huet en a parlé. 

Commentaire n°4 posté par skept le 30/01/2012 à 08h20

Skept,

ne dis pas que tu vas faire confiance à un laïus economique ou financier pour convaincre le monde qu'on a atteint le peak oil; c'est un affront à toute la profession pétrolière que tu vas faire et à ceux qui peuvent parler librement, aux membres de l'ASPO entre autre

Commentaire n°5 posté par the fritz le 30/01/2012 à 21h59

Hello Fritz,

 

Bah tu sais, je ne fais jamais confiance à "un" travail ou "une" publication en particulier, donc celle-là ne sort pas du lot.

 

Le papier de Murray et King est une honnête synthèse de ce qui se dit depuis longtemps dans le milieu POist, la seule différence est que cela paraît dans Nature. Les auteurs ne partent pas en effet d'estimations géologiques (comme Campbell, Laherrère ou d'autres), mais d'un constat : la production est devenue manifestement inélastique à la demande comme au prix depuis environ 6 ans. En d'autres termes, après des décennies de bons et loyaux services pour la croissance, nous ne sommes apparemment pas en mesure d'augmenter la production aussi vite que croît la demande chez les émergents. De façon intéressante, les auteurs mentionnent aussi plusieurs analyses récentes sur le Peak Coal – on dit en général que si le pétrole vient à manquer, il restera toujours plein de charbon. Mais les données sur le charbon ne semblent pas avoir été sérieusement mis à jour récemment, et les faits (économiques) sont là : l'Inde comme la Chine importent désormais, de même que les Etats-Unis ont déjà franchi leur maximum de production.

 

Il est surtout intéressant que cet article paraisse dans Nature, même si c'est dans la section Policy Comment. Et que l'un des auteurs, Murray, soit océanographe travaillant sur le climat. On peut y voir un indice supplémentaire d'une prise de conscience de l'importance de l'enjeu énergétique par rapport à l'enjeu climatique, le premier ayant une bonne probabilité de poser des problèmes plus précoces (et plus importants pour les économies commes les sociétés) que le second. C'est un peu comme l'évolution de Jancovivi, qui parle désormais bien plus du pétrole que du réchauffement. 

 

Reste que sur le fond, cet article n'apporte rien de neuf à la modélisation des ressources fossiles, objet de l'article de Gilles. Mais de toute façon, c'est le marché qui traduira la réalité. L'économie mondiale est réputée à risque quand le baril s'installe / dépasse 100 $ et visiblement c'est le cas. Malgré le poids pour les pays importateurs, le pétrole est cher. La géopolitique ne peut qu'aggraver le problème, non le soulager, et l'on attend de la géologie qu'elle nous montre où sont ces réserves si faciles d'accès et si bon marché à écouler, qui permettront d'augmenter la production de 30% d'ici 2030 (projection EIA).

 

Parce que bon, pour soutenir le RCP 8.5 du GIEC qui fait trembler les chaumières, va falloir en produire des sacrées quantités d'huile, pendant encore 70 ans...

Commentaire n°6 posté par skept le 31/01/2012 à 00h26

Skept

Et que l'un des auteurs, Murray, soit océanographe travaillant sur le climat.

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Huet dit pourtant

"qu’il faut vraiment conduire des politiques vigoureuses pour se sevrer de notre dépendance au pétrole. L’économie l’exige, en plus de la volonté d’éviter un dérapage climatique dangereux.

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Je ne vois pas pourquoi avoir peur de 0,7°C de plus quand on sait que bientôt il faudra ramasser le bois mort dans la forêt ;)

Commentaire n°7 posté par the fritz le 31/01/2012 à 09h34

C'est tres interessant mais c'est également assez compliqué ! 

Commentaire n°8 posté par actualiteenergie.secondes.info le 31/01/2012 à 23h02

Fritz : les journalistes créent les effets de mode, le climat était un thème vendeur, l'énergie le sera. Sur le fond, l'intérêt qu'il y a à prendre telle ou telle décision énergétique est un sujet complexe. Cela dépend d'abord de la diversité des situations nationales : un pays développé n'ayant pas de fossile en sous-sol et une forte industrie nucléaire (France par exemple) n'a pas le même intérêt stratégique qu'un pays à peine émergent, avec encore peu de filières qualifiées et des réserves de charbon en sol (Inde par exemple). Cela dépend ensuite de deux inconnues majeures : le prix mondial de marché du fossile en fonction des réserves géologiques finales exploitables, les effets socio-économiques et environnementaux du réchauffement climatique. Comme ces deux données sont mal contraintes, il est impossible de prétendre qu'elles apportent un guide clair à l'action – du moins une action autre que l'évolution normale (et lente) des modes de production d'énergie. 

Commentaire n°9 posté par skept le 01/02/2012 à 13h18

Skept,

 

 les effets socio-économiques et environnementaux du réchauffement climatique

 

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Si l’on regarde en arrière, cela fait un siècle que le climat se réchauffe, on peut donc déjà se faire une idée de ces effets ; et que voit-on ; rien. Les seules problèmes sont liés à l’activité industrielle ou agricole : pollution de l’air par des particules, déforestation.

Et si l’on envisage l’avenir, il faudrait vraiment que les scénarios catastrophes du GIEC puissent se réaliser ; or je crois qu’on est tous d’accord ici pour dire qu’ils sont basés sur des exploitations de fossiles irréalistes ; on atteint un plateau de production et déjà le monde est en crise ; c’est une réaction normale de peuples qui ne pouvaient vivre qu’avec de la croissance ; et quand il faudra passer aux non conventionnels, les renouvelables commenceront à être compétitifs ; bien sûr on ne vivra plus comme avant , mais c’était seulement pour dire que « les effets socio-économiques et environnementaux du réchauffement climatique » c’est de la phraséologie journalistique et giecienne à mettre dans toutes les sauces

Commentaire n°10 posté par the fritz le 02/02/2012 à 10h37

Fritz : sur le siècle passé, le rapport coût-bénéfice du fossile penche nettement en faveur des bénéfices, du moins pour ceux qui apprécient la qualité de vie des sociétés développées par rapport aux autres. Sur le siècle à venir... on verra. Pour l'instant, le PO paraît concerner le seul pétrole conventionnel, et les émissions totales de carbone continuent d'augmenter, à un rythme très soutenu hors OCDE. Je ne sais pas quand arrivera le "PCarb", si l'on peut l'appeler ainsi, c'est-à-dire la quantité maximale de carbone que nous envoyons dans l'atmosphère. La compétitivité du renouvelable reste problématique "à haute dose" : c'est-à-dire que les ER sont intéressantes en appoint dans les zones les plus favorables pour leur implémentation, mais que si elles devaient devenir majoritaires dans le mix, ce serait fort coûteux (en solutions de stockage, en reconstruction de réseaux de distribution, en passage de moteurs thermiques à des moteurs électriques, etc.). Du coup, le fossile a encore une marge de rentabilité, en attendant d'éventuels progrès technologiques qui abaisseraient sensiblement le coût des ER. Les scénarios d'émission les plus élevés du GIEC semblent très improbables, mais ceux qui envisagent un doublement sont sans doute jouables. On en revient à la question de savoir ce que produit un doublement CO2 sur le climat et les sociétés.

Commentaire n°11 posté par skept le 02/02/2012 à 11h18

""""On en revient à la question de savoir ce que produit un doublement CO2 sur le climat et les sociétés. """"

 

Je crois qu'on a déja pas mal d'idées sur le sujet. Je vous suggère aussi de regarde ce qui a déclenché les dernières déglaciations.

Commentaire n°12 posté par Robert le 02/02/2012 à 17h57

Bon Robert, on connaît tes idées éculées sur le CO2 ,qui fait la pluie et le beau ; c'est le changement orbital qui déclenche la déglaciation et comme les glaces reculent la rétroaction positive est la réduction de l'albédo terrestre  qui explique les 9/10 du réchauffement; le CO2 là dedans est un être passif qui complète un peu , encore beaucoup aidé par la vapeur d'eau

Tu peux rapporter cela à Météor , Huet,  Aha , Chria et Olivier; et tu leur dira le bonjour de Fritz puisque ces gens n'ont même plus la decence de laisser s'exprimer des personnes qui n'ont pas leurs opinions

Commentaire n°13 posté par the fritz le 02/02/2012 à 18h40

Robert ,

Tant que ty y es , j'ai remarqué en lisant le dernier post de Météor sur son blog, que tu devrais lui conseiller de soigner sa schyzophrénie paranoïde au plus vite, sinon cela peut mal se terminer

http://fr.wikipedia.org/wiki/Schizophr%C3%A9nie

 

Commentaire n°14 posté par the fritz le 03/02/2012 à 09h27

Robert : en effet, on a des idées sur un doublement CO2. La vingtaine de modèles qui tournent pour le GIEC donnent en moyenne ~2 K en sensibilité transitoire (quand le doublement est atteint), et ~3 K en sensibilité à l'équilibre (quand le système a relaxé). Cela par rapport à l'époque pré-industrielle (période de référence pour la base CO2), ce qui signifierait par rapport au présent environ 1,2 K de hausse en transitoire et 2,2 à l'équilibre.

 

Ces "best estimates" (projection moyenne intermodèle) varient un peu tous les 5 ans. Et ne peuvent garantir qu'elles sont vraiment dans les clous par rapport à certaines sorties de modèles plus basse ou (plus souvent) plus élevées. Sur cette conférence donnant les résultats de 9 modèles du CMIP5 (futur AR5), on serait à 2-4,6 K en sensibilité à l'équilibre pour 2xCO2, la fourchette habituelle. Les valeurs faibles (entre 1 et 2 K) semblent de plus en plus exclues. 

 

Mais on s'éloigne du sujet du fil, les modèles de production d'énergie fossile. Sur lequel il n'existe malheureusement pas une littérature GIEC très abondante, le WG3 n'estimant appremment pas que le sujet mérite l'attention. Par exemple, le compte-rendu compet du meeting des experts ayant produit les nouveaux RCP ne mentionne que 5 fois le mot pétrole, pour dire des généralités, sans chapitré dédié à la confrontation des différentes estimations géologiques / économiques.

Commentaire n°15 posté par skept le 03/02/2012 à 13h02

c'est intéressant Gilles ton article et j'attends avec impatience ton scénario d'émissions de CO2 pour le prochain siècle et au-delà.

sinon mes excuses mais comme je suis mis en cause sur ton blog, je suis bien obligé de répondre.

the fritz donc quand tu écris ceci:

"C'est fou ce que le smoothing permet de tricher , passer de 0,51 à 0,44 en extrapolant de 250 km à 1200 km; heureusement qu'il y a encore les pôles et les grands fonds océaniques pour permettre à Hansen, Trenberth et autres touristes des mers australes d'épiloguer sur le réchauffement climatique"

c'est de l'injure caractérisée et je la censure, comme ferait tout bon blogueur.

 

Commentaire n°16 posté par meteor le 03/02/2012 à 20h32

oui je rectifie, quand je dis "prochain siècle" c'est en fait le siècle actuel, bien sûr.

Commentaire n°17 posté par meteor le 03/02/2012 à 20h39

Pour info, BP a sorti la nouvelle édition de son Energy Outlook 2030. Le tout-liquide doit atteindre selon eux 103 Mbj, soit 16 de mieux qu'aujourd'hui. Cette hausse viendrait des NGLs du Moyen-Orient, du brut conventionnel saoudien et irakien, du non conventionnel américain (sable, schiste) et brésilien ("sub-salt" profond), des biocarburants. A peu près dans cet ordre d'importance. BP prévoit aussi des gains important d'efficience dans le transport, avec la généralisation des hybrides représentant quasiment toutes les ventes en 2030. BP envisage en fait que les Etats-Unis et l'Eurasie (Europe + Russie) seront autosuffisants énergétiquement, ce qui permet au pétrole moyen-oriental de soutenir essentiellement la demande asiatique et africaine. 

Commentaire n°18 posté par skept le 04/02/2012 à 12h54

Gilles,

metéor, avant daller se payer une semaine de ski règle ses comptes et écrit ceci

c'est de l'injure caractérisée

avec le texte de l'injure juste au-dessus

Est-ce que tu me permets de l'injurier pur de bon?

Commentaire n°19 posté par the fritz le 04/02/2012 à 13h29

Fritz : je ne vois pas trop l'intérêt... mieux vaudrait conserver le niveau que Gilles souhaite expressément pour son blog, à savoir uniquement des arguments de fond sans insultes, injures, attaques ad hominem, procès d'intention, inquisation des arrière-pensées et autres dérives qui, franchement, cassent les couilles dans les débats énergie-climat. J'ai cru comprendre aux échanges que tu es géologue de formation et profession, donc ce serait justement intéressant d'éclairer les débats PO et autres à la lumière de tes connaissances que peu de gens ont. 

Commentaire n°20 posté par skept le 04/02/2012 à 14h29

hello

désolé je suis pris un peu trop par le boulot en ce moment pour beaucoup répondre, mais Skept t'as parfaitement répondu - si ça doit tourner au débat personnel d'insultes, je coupe. Tu peux eventuellement argumenter (poliment) sur ce qui est ou pas une insulte, mais ce serait bien de revenir au sujet. 

Réponse de climatenergie le 04/02/2012 à 15h40

skept,

Je crois que vous n'avez pas bien compris, la question est de savoir quand la machine s'emballera, et il ya fort à parier qu'elle peut s'emballer même après qu'on ait brûlé tout le fossile, il ne faut pas oublier l'énorme inertie de l'océan, quand on voit ce qui déclenche une déglaciaition, il y a de qujoi se poser des questions.

 

ps je ne peux m'empêcher de rigoler en vous lisant...

ps2 vous avez les salutations de Mutaspontex.

 

Commentaire n°21 posté par Robert le 05/02/2012 à 20h49

Robert (in the sky with diamond) : "il ya fort à parier"

 

Je ne suis pas fan de pari et Gilles ne tient pas un site de bookmaking. Vos deux interventions n'ont rien à voir avec le sujet de cet article, à savoir les modèles déplétionnistes du fossile en général et pétrole en particulier. Alors faites donc un effort ou allez exprimer votre paresse ailleurs. 

Commentaire n°22 posté par skept le 06/02/2012 à 00h20

skept,

 

Bah l'article de Gilles n'est rien d'autre qu'une espèce de pari sur la future production de fossiles. A votre avis quand aura lieu le début de la cure d'amaigrissement (car là ce sera autre chose que de suivre un régime Dukan par exemple) pour notre société ?   

Commentaire n°23 posté par Robert le 06/02/2012 à 22h24

Le Peak Oil est déjà passé depuis trente ans si l'on prend la consommation de pétrole par habitant de la planète. Cela signifie que l'intensité pétrolière des économies baissent lentement, même si la consommation absolue du pétrole a continué de grimper. Pour ce qui est de la production énergétique, la "cure d'amaigrissement" prend surtout la forme d'une ruée vers l'off-shore profond, les zones encore peu explorées (Afrique et Arctique principalement), l'ensemble des liquides non conventionnels (NGLs, extraction des sables bitumineux, fracking des schistes, biocarburants), ainsi que d'une poussée du gaz, du charbon et des renouvelables dans le mix. Pour ce qui est de la production économique, elle prend plutôt la forme d'une baisse de la croissance / stagflation due au renchérissement du poste énergétique, en inversion de sa tendance séculaire à la baisse. Avec des crises plus ou moins sévères selon la sensibilité des économies nationales (les extrêmes étant les pays riches très sensibles au pétrole, USA en tête, et les pays pauvres très sensibles aux prix des biens de base, notamment alimentaires). 

 

Ces tensions favorisent des vues parfois apocalyptiques-messianiques (la Grand Krach de la société moderne coupable d'abondance, voir cette discussion sur Bruckner), généralement chez les esprits prédisposés à exprimer de telles vues et tirant prétexte de n'importe quoi pour les nourrir. La réalité est évidemment plus complexe et nuancée.

 

PS : sur le pétrole et le gaz arctiques, un point de Schiermeier dans le dernier Nature.

Commentaire n°24 posté par skept le 07/02/2012 à 11h33

A propos des "contraintes géologiques" nécessaires aux modèles, j'ai lu voici quelques jours dans Le Monde (article non libre) que les "presal" brésiliens, guyanais et autres avaient provoqué une petite révolution dans la géologie pétrolière. La majorité des géologues pensaient que les marges passives des côtes américaines, africaines ou arctiques (zones maritimes non sensibles à la tectonique des plaques) ne pouvaient pas contenir de pétrole. Mais d'autres, notamment deux chercheurs formés ou travaillant en France (Adriano Viana de l'U Bordeaux, Daniel Aslanian de l'Ifremer), avaient proposé un modèle alternatif de ces marges passives, compatible avec la présence de pétrole. Le succès des forages de Petrobras (Brésil) en 2007 leur a finalement donné raison. 

 

Les pétroles "presal" (tirant leur nom de la couche "pre-salt", en dessous du sel sédimenté) n'auront pas forcément une influence énorme sur la quantité totale extractible, peut-être du même ordre que les réserves arctiques (environ 100 milliards de barils dans chaque cas pour les analyses optimistes, ce qui peut paraître beaucoup mais ne fait que 1200 jours de consommation). Cela montre néanmoins que des évolutions sont toujours possibles en géologie pétrolière – et, je suppose, gazière et charbonière.

Commentaire n°25 posté par skept le 07/02/2012 à 13h38
Commentaire n°26 posté par Robert le 12/02/2012 à 18h29

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