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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 11:15

Le gouvernement a fait des annonces fortes à la conférence environnementale du 14 septembre. Pour préparer la « transition énergétique » , il décide de fermer la centrale de Fessenheim, et annonce le refus de nombreux permis d'exploitation des gaz de schistes.
Au-delà du caractère un peu surprenant d’annoncer dès le début d’une concertation des mesures qui , logiquement, auraient dû être décidées d’après les résultats de cette concertation, qu’en est-il de la réalité de cette « transition », et vers quoi allons nous « transiter » ?

Un minimum de jugeotte suffit pour s’apercevoir rapidement qu’on ne va transiter vers pas grand chose d’autre que maintenant…

La centrale de Fessenheim, la plus ancienne en service, est un enjeu plus symbolique que réel. Elle ne comprend que deux réacteurs sur les 58 qui fonctionnent en France, et aucune autre fermeture n’est annoncée dans l'immédiat (le problème, très réel, du remplacement des centrales existantes ne se posera pas avant 15 ou 20 ans). On l’a critiquée pour des faiblesses de construction, dont la finesse du ‘radier » en béton qui soutient le réacteur, et pour le risque sismique, étant située à proximité d’une faille. Ironiquement, l’ ASN (autorité de sureté nucléaire) avait demandé à EDF, après l’enquête menée après Fukushima, de réaliser des travaux d’urgence de mise à niveau de la sécurité, travaux devant être réalisés en juin 2013 sous peine de fermeture immédiate, alors que la fermeture devrait avoir lieu en 2016. Bref, on se prépare à engager des sommes importantes pour des travaux dont l’interêt ne court que sur quelques années.Celà avait donné lieu à la rumeur, démentie depuis, qu'EDF allait réclamer 2 milliards d'indemnité au gouvernement. 

L’auteur de ces lignes n’est pas un fan du nucléaire, et il a déjà eu l’occasion de signaler que le nucléaire a peu de chances de constituer la solution miracle au problème énergétique au niveau mondial, pour des raisons de disponibilité limitée, de danger, de difficultés techniques et politiques. Néanmoins, l’histoire est ce qu’elle est, et la France produit massivement son électricité par le nucléaire. Après la fermeture de Fessenheim, elle produira toujours massivement son électricité par le nucléaire, et les gains en terme de probabilité d’éviter un accident ne sont que de quelques %. Par ailleurs les partisans du nucléaire ont beau jeu de rappeler que toutes centrale nucléaire fermée sera remplacée par une centrale à fossiles, avec quelques éoliennes pour faire joli, mais qui ne remplacent qu’une partie de l’électricité fossile. Globalement, les pays dont l’électricité est à base d’éolien + fossiles émettent bien plus de CO2, et consomment plus de réserves fossiles, que la France. Même si il faut prendre au sérieux la question du renouvellement du parc électronucléaire français, la décision hâtive de fermer une centrale dont rien n'indique qu'elle est significativement plus dangereuse que les autres, dans un contexte général de difficultés économiques, n'était pas de la première urgence.

L’interdiction des gaz de schistes relève de la même pensée symbolique. On peut tout à fait être contre leur exploitation pour des raisons d’atteinte à l’environnement, mais il faut en discuter sérieusement. Il n’est nullement évident à l’heure actuelle qu’une exploitation du gaz de schistes, faite dans de bonnes conditions de contrôle et de sécurité, présente vraiment des graves dangers pour la population. Là encore, ses partisans ont beau jeu de rappeler que si la France n’exploite pas son gaz, elle en importera de Russie .. qui le produira de plus en plus également sous forme de gaz de schistes ! Soyons un peu cynique : la décision du gouvernement pourrait quand même se justifier , mais pour toutes autres raisons qu’écologiques : en prévision du futur pic gazier qui pourrait survenir dans les années 2020 – 2030, garder des réserves « sous le coude » pourrait être une politique de sagesse , voire se révéler un véritable pactole dans le futur si les prix du gaz explosent comme ceux du pétrole.

Au niveau mondial, ces mesures ne changeront de toutes façons rien. On est peut être dans des problèmes de gestion des ressources et de l’environnement, dont on peut toujours (et qu’il faut) discuter, mais certainement pas dans une « transition énergétique » massive. La transition énergétique joue le rôle du « Prince Jean » du Moyen Age, souverain chrétien mythique,  censé apporter une aide décisive à l’Occident dans sa lutte contre l’Islam, en le prenant en tenaille, dès qu’on aurait réussi à le rejoindre par delà les terres connues. La constitution de tels mythes serait-elle le signe de sociétés en détresse ? Probablement, oui.

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Published by climatenergie - dans Energie
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commentaires

daniel 30/05/2015 14:04

vos remarques sont pertinentent, sur cette article http://www.climatiseur-devis-travaux.fr/?p=127 il est fais mention d'un nouveau procédé moins énergivore non polluante pour s'assurer par exemple un meilleur confort dans son habitat, ce qui contribura a une meilleur transition .

bien a vous! :)

Julien 19/08/2013 21:12


Il y a une phrase qui veut tout dire dans ce texte: la France produira toujours massivement son électricité par le nucléaire, et les gains en terme de probabilité d’éviter un accident ne sont que
de quelques %.


Je suis entièrement d'accord, d'autant plus que la France est un des plus gros producteurs d'électricité au monde.

lalalu 09/01/2013 15:58


Parlons de transition énergétique mais pensons également que plus la consommation d'énergie augmente, plus son coût augmente.
Il est nécessaire de donner les moyens aux consommateurs de contrôler la façon dont ils consomme l'énergie pour diminuer les consommations dites de "gaspillage"
http://www.diag-home.com offre cette solution qui permet de baisser les consommations
facilement de 15 à 20%

batista 11/11/2012 19:05


Vous avez faux monsieur Gilles.


Je cite l'article :


" Un minimum de jugeotte suffit pour s’apercevoir rapidement qu’on ne va transiter vers pas grand chose d’autre que maintenant…"


Le pas de "on ne va transiter vers" est implicite ou sous entendu et sa place serait "on ne va pas transiter vers"  . Le pas de "pas grand chose d'autre" n'est pas lié à la négation du verbe
mais est indépendant de lui comme par exemple " j'aimerai aller pas très loin d'ici". Dans l'exemple précédent si on rajoute une négation au verbe avec son pas implicite on obtient " je n'aimerai
aller pas très loin d'ici", ce qui est alors une double négation comme dans votre phrase. On pourrait également changer le sens de votre phrase en supprimant la négation du verbe "on va transiter
vers pas grand chose d'autre que maintenant". On obtient alors également le même sens que vous vouliez lui donner, pourtant la négation du verbe n'est plus.


Quoi qu'il en soit, ces types de phrases sont à éviter pour la bonne compréhension de vos intéressants articles (un peu de flatterie ne fait jamais de mal).


Vous ai-je convaincu monsieur Gilles?

batista 11/11/2012 15:29


Je cite l'article :


" Un minimum de jugeotte suffit pour s’apercevoir rapidement qu’on ne va transiter vers pas grand chose d’autre que maintenant…"


Double négation : ne pas transiter vers pas autre chose que maintenant. Pas autre chose que maintenant, c'est maintenant. Ne pas transiter vers maintenant, c'est à dire donc vers le futur (ou le
passé), soit le contraire de ce que vous vouliez dire. Héhé, vous étes encore trop jeune petit scarabé!

climatenergie 11/11/2012 17:06



Relisez bien la phrase, il n'y a qu'une fois "ne" et une fois "pas", et donc qu'une seule négation, pour le sens qui est bien celui que je voulais donner à la phrase. Merci pour la jeunesse, mais
bon elle commence à se faire un peu lointaine ... :)