Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 22:28

De toutes les ressources indispensables au monde moderne actuel, le pétrole est certainement celle dont l'approvisionnement est le plus préoccupant. Pour deux raisons essentielles

* elle constitue la principale source énergétique de notre civilisation

* elle est sans équivalent pour certaines utilisations, et tout principalement les transports: 98 % en dépendent directement ; seuls les modes de transports "captifs" ( trains électriques, tramways) s'en passent).  

* c'est celle dont le pic de production est probablement le plus proche - en fait il est même probable que nous y soyons, comme nous allons voir. 

Les crises du pétrole ont été annoncées régulièrement et souvent un peu trop prématurément, ce qui a laissé parfois l'impression générale que " ça fait 100 ans qu'on nous annonce la fin du pétrole pour dans 30 ans" , et donc, sous-entendu : ça n'arrivera jamais.

 

C'est bien évidemment une position intenable : le pétrole est une ressource finie et elle s'épuisera un jour. Ceci arrivera même si il en reste une quantité considérable dans le sol. Il suffit en effet d'avoir besoin de plus d'énergie pour extraire un baril que ce qu'il produit pour qu'il devienne inutile d'aller le chercher. Et ce jour arrivera certainement. 

 

Mais les "peakoilistes" insistent avec raison sur un point fondamental, encore fort peu intégré dans l'opinion publique : ce n'est pas le moment où le pétrole disparaîtra que sera le vrai problème (après tout, à ce moment, on se sera habitué à n'en avoir presque plus, d'une manière ou d'une autre ) : c'est le moment où la production va piquer, passer par un maximum , et commencer à décroître. Ce moment est appelé en anglais le "peak oil" ou "pic pétrolier". A ce moment, le déséquilibre croissant entre offre et demande est susceptible de provoquer une explosion des prix, des crises économiques sévères, et finalement un arrêt de la croissance économique à long terme. Et ce moment arrive bien plus tôt, puisqu'avec une courbe symétrique, il arrive quand seulement la moitié des réserves a été consommée ! 

 

Le pic pétrolier des US fut prédit par Marion King Hubbert, un géologue travaillant pour la compagnie Shell, dans les années 50. En se basant sur la courbes des découvertes de champs pétroliers et sur un modèle simplifié de courbe de production, la loi dite "logistique" , (donnant ce qu'on appelle depuis une "courbe (ou pic) de Hubbert", courbe en cloche modélisant approximativement une croissance à taux constant, un pic, et une décroissance à taux constant), il prédit un pic de production des 48 états "inférieurs" (hors Alaska et Hawaii) entre 1965 et 1970. Cette prédiction fut largement ignorée, mais la production piqua effectivement en 1970.

      [lien cassé -autre courbe présentée]

oil lisbon laherrere us fig3

 

Courbe de production des 48 états américains, comparée aux prédictions de Hubbert. On notera que le pic correspond à la date prévue avec une quantité ultime de 200 Gbl , mais que la courbe est mieux ajustée avec un total de 230 Gbl, rendant compte du fait que des réserves supplémentaires moins conventionnelles ont été rajoutées. La courbe de Hubbert n'est donc pas exacte, mais elle donne une forme satisfaisante.

A ce moment, les Etats Unis etaient les premiers producteurs du monde, mais ils perdirent leur capacité de pouvoir répondre instantanément à une pénurie mondiale en augmentant leur production (ce qu'on appelle un "swing state"). Cette capacité fut transférée à l'Arabie Saoudite ... ce qui explique sans doute dans une grand part la guerre de 1973 et le chantage effectué par l'OPEP sur l'Occident, en produisant le premier choc pétrolier mondial de l'histoire. Les occidentaux avaient tout simplement perdu le moyen d'imposer leur loi. 

A l'époque, Hubbert avait aussi estimé un pic de production mondial vers 1995, mais il n'avait pas prévu l'inflexion nette de la consommation après le premier, et surtout le deuxième choc pétrolier de 1979, consécutif à la chute du régime du Shah d'Iran. Les pays occidentaux entreprirent alors un régime d'économies sévères et de reconversion d'énergie pour éviter de dépendre trop du pétrole. La production d'électricité en particulier fut reconvertie massivement au gaz naturel ou au nucléaire, baissant sensiblement la consommation de pétrole.  Ils cherchèrent aussi deséspérement des alternatives à l'OPEP, en allant forer des puits dans des régions difficiles, Alaska, Mer du Nord, golfe du Mexique. Ces efforts furent couronnés d'un certain succès, mais provisoires. Après une baisse temporaire de consommation, accompagnant une baisse générale du prix du baril et un "contre-choc pétrolier" des années 80,  la production reprit, accompagnant la croissance générale mondiale.

 

En 1998, deux géologues ayant travaillé pour des compagnies pétrolières, Colin Campbell (Shell) et Jean Lahérrère (Total), publièrent un article séminal au titre prémonitoire : The End of Cheap Oil (la fin du pétrole bon marché). Je recommande tout particulièrement à mes lecteurs, surtout les non-anglophones, les travaux de Jean Lahérrère qui a étudié de manière très fouillée le problèmes des ressources mondiales, et dont beaucoup sont publiés en français. Se basant sur la méthodologie de Hubbert, et en tenant compte des découvertes connues, ils prédirent un pic de production mondiale entre 2005 et 2010. Là encore, cette prédiction fut largement ignorée, voire moquée. Néanmoins, elle devait susciter la montée de mouvements divers exprimant une inquiétude croissante devant l'arrivée du "peak oil" - mouvements allant de la simple "alerte" et de l'appel à développer des alternatives à des prédictions apocalyptiques d'effondrement de toute la société moderne. Campbell et  Lahérrère fondèrent avec d'autres l'ASPO , The Association for the Study of Peak Oil, suivant de près et alertant sur le danger imminent du pic. A coté de cela, les agences officielles pour l'énergie et les grandes compagnies publiaient régulièrement des prédictions rassurantes de croissance de la production jusqu'en 2030, atteignant autour de 120 ou 130 millions de barils par jour (actuellement la production est entre 75 et 88 millions de barils par jour suivant les "qualités" de liquide qu'on choisit d'inclure, voir ci-dessous). 

Que s'est-il passé depuis ?

 

Voilà un graphique tiré de l'excellent travail de Samuel Foucher sur The Oil Drum, qui trace la production suivant les chiffres de l'EIA en séparant différentes qualités de "liquides". 

 

PU2011019.png

 

Une des complexités du débat est en effet que la notion de "pétrole" est tout sauf simple : on agglomère des pétroles "conventionnels" (de qualité, de densité energétiques variables), des liquides se condensant du gaz naturel qui l'accompagne, des hydrocarbures "legers" (GPL) liquides à température ordinaire ou sous faible pression, des pétroles synthétiques tirés des sables, voire des schistes bitumineux, des biocarburants... de plus la comptabilité peut se faire en volume, en masse, en contenu énergétique... tout ceci fait qu'il y a plusieurs définitions de ce qu'on appelle "production", et que la question de la date exacte du pic n'aura jamais de solution, ou plutot autant de solutions que de définitions. Mais qui se rappelle la date exacte de l'Apogée de l'Empire romain ....

 

On voit néanmoins que les faits ont plutot donné raison à l'ASPO. Tout le monde a en mémoire les flambées successives du baril, qui a atteint presque 150 $ en 2008, avant de s''effondrer lors de la crise financière par suite de la baisse de la demande, puis de remonter jusqu'à redépasser le niveau de 100 $, inédit avant.  

http://www.theoildrum.com/files/brent_moving%20average.png

Ce qu'on sait sans doute moins, c'est que depuis 2005, la production de pétrole n'a quasiment pas augmenté, et en tout cas bien moins que les prédictions officielles ne le prévoyaient. L'absence de montée de production entre 2005 et 2008 est particulièrement frappante, et met à mal l'explication de la flambée du baril sur de simples causes spéculatives. En effet si le baril montait, pourquoi les producteurs se seraient gênés d'augmenter leur production face à une demande toujours croissante, en profitant de l'aubaine pour le vendre à prix fort ? l'explication d'un accord concerté entre producteurs pour faire monter les prix ne tient pas plus : outre qu'elle contredit la simple explication par la spéculation (puisque là c'est bien l'offre et la demande qui jouent), elle est contradictoire avec le fait que si la production mondiale a stagné, en revanche certains pays l'ont bien augmenté (Angola, Bresil, Russie) alors que d'autres ont baissé (Mexique, Mer du Nord, Indonésie). Les pays ayant baissé leur production ne l'ont certainement pas fait par plaisir, en voyant ceux d'à coté s'en mettre plein les poches ! c'est particulièrement frappant pour ceux qui sont passé du statut d'exportateur à celui d'importateur, comme l'Indonésie ou la Grande Bretagne, en se mettant à payer très cher un baril qu'elles ne pouvaient plus vendre.

http://www.eia.gov/cabs/united_kingdom/images/2010%20Oil%20Production%20and%20Consumption.gif

Donc soyons simples : la production a stagné parce que de grands producteurs ont passé leur pic, et que les pays en croissance n'arrivaient pas à croitre plus. Les prix ont flambé parce que la production n'arrivait pas à suivre la demande. Les "spéculateurs" (qui ne sont en réalité la plupart du temps que des "investisseurs") ont pu amplifier les mouvements en jouant à la hausse ou à la baisse, mais ils avaient de bonnes raisons de le faire. Et la crise financière est arrivée exactement au moment où le baril atteignait des sommets. Il est courant d'entendre que cela n'a rien à voir avec le pétrole et que la crise est uniquement due aux prêts risqués et aux malversations financières des banques. Mais n'oublions pas que les subprimes sont devenus pourris par des cascades de défauts de paiement, et qu'à l'origine de ces défauts, on trouvait des ménages américains étranglés par l'augmentation du prix de l'essence et du fioul, la hausse des taux d'interêts sur lesquels leurs prêts étaient indexés, et la baisse de l'activité en particulier automobile. Le pétrole a tiré sur la chaine, le maillon le plus faible a cédé. 

 

Quelles sont les perspectives des années futures? eh bien .. pas brillantes. Les derniers mois ont vu une remontée de la production, mais les chiffres semblent nettement différer selon les sources et la réalité de cette croissance n'est pas claire. L'AIE a pour la première fois reconnu en 2010 que le pic du pétrole conventionnel avait été atteint en 2006 ( ce "chien de garde" de l'OCDE a un peu l'habitude de n'aboyer que quand les voleurs sont partis ...). Il a publié dans son rapport annuel, le "Word Energy Outlook" de 2010, un graphique assez saisissant, analysé en particulier par Matthieu Auzanneau sur son blog :

http://petrole.blog.lemonde.fr/files/2010/11/weo2010-figure-319.1290092480.thumbnail.jpg

Sous l'apparence rassurante d'une courbe totale croissante (quoique pas très vaillante .. plus personne ne parle maintenant de 120 ou 130 Mbl/j ! ), se cache le diable des  détails des triangles gris et bleu : champs "yet to be developed" (encore à développer, ça va encore ..), mais surtout "yet to be found" (encore à découvrir). Observez comment la somme des deux fabrique une courbe strictement plate, à laquelle se rajoutent des productions non conventionnelles croissantes. N'est il pas extraordinaire que l'AIE sache exactement que la production de champs pas encore découverts, et dont personne ne sait où ils sont et si même ils existent, va faire une production strictement constante pendant 30 ans ? bien évidemment, l'AIE n'en sait rien du tout. Il ne s'agit pas du tout d'une prévision, mais comme le dit Kjell Aleklett, l'actuel président de l'ASPO, d'un "cry for help", un appel au secours. L'AIE dit qu'il nous manque 20 millions de barils par jour (l'équivalent des deux plus grands producteurs de la planète, la Russie et l'Arabie Saoudite), pour assure une croissance molle de la production pétrolière , et en réalité qu'il est bien plus probable qu'elle va décroître dans les années qui viennent. 

Il apparait de plus en plus que les rapports officiels et les signaux d'alertes pour les gouvernements se multiplient, et qu'ils commencent à prendre conscience du problème. En quelques années, il est devenu commun de dire que le pétrole bon marché, c'est fini. Beaucoup se réjouissent qu'enfin, on va sortir des fossiles; sauf que personne ne sait très bien comment, ni dans quel état. Il n'est pas du tout évident que des alternatives crédibles au pétrole existent ou existeront dans le futur. Dans l'immédiat, l'économie mondiale peine à redémarrer après la gifle qu'elle a subie, et le baril atteint à nouveau des sommets. Une prochaine crise pourrait sonner le glas de la croissance, et pour très longtemps. 

 

 

Partager cet article

Published by climatenergie - dans Energie
commenter cet article

commentaires

Glycogène 16/08/2011 21:06


[quote]on parlera peut etre dans des posts futurs de l'Arabie Saoudite .. disons qu'elle n'a pas du tout rempli récemment ses promesses de capacité de production, et elle a même récemment
rétrogradé à la 3e place après la Russie et les Etats-Unis ![/quote]

Je n'ai pas vu passé la news sur oléocène, j'ai loupé qqch pendant les vacances ? :-D

Bravo pour le blog, du Gilles en concentré, c'est plus facile que sur oléo pour retrouver tes études intéressantes :-)


skept 27/07/2011 13:16


Delphin : je me sens personnellement très distant de la vanité mercantile que vous décrivez (en pensée et en mode de vie), mais pour autant et intellectuellement, j’éprouve le besoin d’en faire une
description correcte, objective. Il existe tout un courant critique affirmant de l’économie de marché est dominée par les multinationales et que celles-ci manipulent massivement l’homme pour le
détourner de ses préférences réelles (c’est-à-dire créer des besoins inutiles qui l’enserrent dans un certain système de production et consommation dont le seul résultat tangible est le profit de
la multinationale). Je n’arrive pas à adhérer à cette double réduction dans la description du réel : une économie de marché ne se résume pas à quelques grandes firmes cotées en Bourse, les
individus ne sont pas des poupées de cire malléable à volonté.

Le second point est sans doute le plus important. Toutes les écoles économiques (orthodoxe ou hétérodoxe) reconnaissent basiquement que l’agent exprime des préférences pour satisfaire des besoins
ou désirs avec ressources limitées. La rationalité de cet agent est doublement limitée, par sa nature intrinsèque (les biais de perception et cognition de l’esprit humain en général) et par les
informations disponibles (dans le contexte de formation de la préférence). Cela étant, l’idée d’une préférence individuelle parfaitement transparente à elle-même et libre de toute influence externe
dans la définition du besoin n’a pas de sens. Ceux qui se plaignent d’un contrôle économique (entrepreneurial) de la préférence individuelle (manipulation du marketing et infantilisation que vous
dénoncez) ont-ils autre chose dans leur besace qu’un contrôle social, politique, religieux ou moral de cette même préférence ? Et où réside finalement le principe d’émancipation si l’individu se
voit d’une manière ou d’une autre assigner ce qui doit être ses « vrais » besoins et désirs, ses « vraies » préférences ?

Plus basiquement, j’ai quand même croisé beaucoup de gens différents dans mon existence, et je n’ai jamais vu en eux des pantins qui, ayant à peine croisé une publicité dans la rue ou à la télé, se
précipitaient chez le premier marchand venu pour y vider leur compte en banque en faisant l’exact contraire de ce qu’était leur perception du bien-être juste avant d’avoir croisé la publicité !
L’esprit humain ne fonctionne pas ainsi. Mais je suis d’accord avec vous qu’il est sensible à l’influence d’autrui (pour le meilleur et pour le pire) et que le développement de sa réflexivité est
un gage d’autonomie réelle de l’individu. Un des rôles de l’éducation démocratique est la formation de l’esprit critique pour résister à toute manipulation (ce qui inclut au premier chef les
manipulations marchandes puisque nous vivons dans des sociétés marchandes). C’est finalement le vieux principe moderne d’équilibre des pouvoirs, mais élargi à d’autres pouvoirs réels présents dans
la société (pouvoir industriel, pouvoir financier pouvoir médiatique etc.).

Cette parenthèse nous éloigne évidemment du pétrole. Sauf que comme Gilles, je pense que les gens seront malheureux si l’énergie fossile vient à manquer et je ne pense pas que ce malheur sera un
simple effet de conditionnement. C’est une juste qu’une société riche a des avantages pour le grand nombre par rapport à une société pauvre, avantages qui ne tiennent pas seulement au niveau de
redistribution de la richesse mais d’abord à sa condition, la production initiale de la richesse. Plaie d’argent n’est pas mortelle, dit le diction, mais c’est une plaie tout de même…


Delphin 26/07/2011 19:04


Citation,

"Delphin: le drame sera vécu surtout par les pays les plus fragiles de la planète. Les pays riches, technologiques ou possédant de vastes ressources naturelles seront ceux qui souffriront le
moins."

Ce que vous dites là se produira malheureusement plus fortement encore si la situation actuelle perdure (déséquilibre fort/faible planétaire grandissant, avec notre gloutonnerie énergétique).
Je crois, au contraire, que pour cette fois nous ne sortirons pas indemnes de la raréfaction pétrole. Cf par exemple, notre performante agriculture dopée à l'énergie pétrole (2 tonnes pour 1 tonne
d'engrais).
Rien de tel qu'une certaine remise à niveau pour affronter, de concert, des périls communs.

Amicalement,

Delphin


climatenergie 27/07/2011 08:30



Je n'ai rien contre la position de principe que la décroissance de la consommation énergétique soit une bonne chose pour la planète, et donc pour l'humanité (quoi qu'en réalité "la planète" se
fiche totalement de ce qui lui arrive à sa surface, qu'elle a déjà connu des catastrophes et des extinctions massives qui d'une part l'ont laissé - par force - totalement indifférente, et d'autre
part ont permis l'émergence d'autres formes de vie nouvelles, mais c'est un aparté). 


 


Je me borne à constater que dans les pays où ça
arrive concrètement, les gens s'en semblent pas particulièrement heureux. Ca pose un problème de principe de ce qu'on appelle "le bonheur" de l'humanité,  et qui est compétent pour en juger.
Le bonheur, c'est comme la souffrance : qui peut se permettre de porter un jugement sur sa réalité, à part ceux qui l'éprouvent eux mêmes ? 



Delphin 26/07/2011 18:38


Bonjour,

(Suite)

"Nous enseignons aussi à nos enfants qu'il faut dépasser les limites : il me semble que c'est l'histoire de l'économie, de la technique et de la science..."

Ce n'est pas à ce louable dépassement de soi que je faisais allusion.
Je parlais du "non limite" mercantile, qui passe son temps à râcler les fonds de tiroir de l'énergie pétrole pour extraire le maximum de matières premières de la planète et les faire devenir
provisoirement objets, bientôt déchets, pour son plus grand profit.

Pour que son activité perdure, ce monde n'a d'autre choix qu'à nous transformer en "adulte enfant gâté"("envie de"), inconscient des conséquences désastreuses de ses désirs matérialistes : toujours
plus vite, toujours plus loin, toujours plus d'escaves mécaniques à sa disposition (une centaine maintenant), toujours plus de (pseudo)relations.

"Si vous posez que la limite est infranchissable..."

Ce n'est pas moi qui la pose - car nous ne sommes pas, pour cette dramatique histoire, aimables interlocuteurs philosophant - mais notre planète elle-même (réchauffement+biodiversité
déclinante+surexploitation minière+pollution planètaire+folie nucléaire...).

La course est engagée entre prise de conscience salutaire ("pédagogie des catastrophes) d'une nécessaire sobriété volontaire et perpétuation d'une coupable inconscience des conséquences de nos
actes menant à des temps très difficiles.

Encore une fois, ces limites viennent également à point nommé, car à absence de limites, individu angoissé. Ce que nous sommes de plus en plus.

Delphin


rené grau 26/07/2011 18:34


"L'annonce de la fin programmée du pétrole est la meilleure nouvelle que la planète, donc finalement aussi les humains, puisse entendre."
Delphin: le drame sera vécu surtout par les pays les plus fragiles de la planète. Les pays riches, technologiques ou possédant de vastes ressources naturelles seront ceux qui souffriront le moins.
Enfin Delphin ne sous-estimez pas notre capacité à trouver des solutions ainsi que skept vous le faisait remarquer supra. N'ayez pas peur!