Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 08:40

Une inteview d'un ancien expert de l'AIE, qui exprime sans détour son avis sur le futur de la production pétrolière, sur le blog de l'excellent Matthieu Auzanneau, "Oil-Man".

Très instructif, et sans autre commentaire .... à part qu'on dirait que l'AIE multiplie les signaux sous-marins pour exprimer une opinion , qu'elle est probablement empêchée de dire plus officiellement. 

Partager cet article

Published by climatenergie - dans Energie
commenter cet article

commentaires

skept 12/01/2012 23:31


Sur Oil Drum, un long article de Chris Cook sur les dessous financiers des marchés
pétroliers. Un type qui connaît la question, puisqu'il a été directeur des marchés à l'International Petroleum Exchange, qui fut en son temps une des premières entreprises mondiales sur le marché
des options et produits dérivés énergétiques. Son opinion est qu'une part de la hausse 2000-2008 est due à l'entrée du pétrole dans les portefeuilles spéculatifs des banques d'investissement, et
que l'abcès n'a pas été complètement crevé (le pétrole est passé de 147 $ à son point le plus haut en 2008 à 35 $ quelques mois plus tard avant de remonter à 90-110$ ces derniers temps, avec la
crise lybienne et la demande japonaise post-Fukushima). Difficile de se faire une idée, comme d'hab. Au moins Cook fait une prévision vérifiable à échelle courte, une baisse du prix marquée en
2012, et très marquée si la récession s'amplifie.

skept 12/01/2012 10:59


Pour le gaz de schiste, tu as raison, mais à long terme nous serons tous morts, disait Keynes. Les Français, dont le prix de du gaz a augmenté de 60% pour les particuliers et 100% pour les
entreprises depuis 2005 (Commission de
régulation de l'énergie), apprécieront ce qui se passe outre-Atlanique et réfléchiront peut-être aux vertus de l'interdit des gaz de schiste, interdit qui empêche aussi la création d'emplois.
On verra ce que dit la commission d'enquête sur les nuisances environnemntales et sanitaires hypothétiques, pour comparer avec les nuisances économiques et sociales avérées.


 


Pour le reste, comme tu dis toi-même, les problèmes n'arrivent pas à la fin de l'exploitation des réserves exploitables, mais plutôt au moment où l'offfre déclinante ne peut plus suivre la
demande croissante. Concrètement, cela signifie des tensions économiques et géopolitiques. On verra à ce moment comment seront jugées les ER en terme d'avantages comparatifs. Le problème est que
le premier fossile en déplétion programmée (pétrole) est aussi celui qu'on sait le moins bien substituer dans son usage dominant (transport), car les biocarburants seront marginaux dans leurs
générations actuelles (emprise au sol trop importante et menace sur la disponibilité alimentaire). Sauf à électrifier une part croissante du transport, ce qui arrivera d'une manière ou d'une
autre amha.

skept 11/01/2012 19:57


Sur Slate, traduction d'un point de vue pessimiste sur les ER et optimiste sur les
hydrocrabures. Surtout le gaz. 

climatenergie 12/01/2012 08:23



Effectivement, cet article dit clairement ce que peu de gens acceptent de voir en face : on continue à employer les fossiles simplement parce qu'on ne sait pas faire mieux sans eux, et
probablement bien moins bien. Ce que je m'évertue à expliquer, c'est que ça entraine "naturellement" qu'on ne baissera jamais leur consommation mondiale volontairement. Je suis moins optimiste
que l'auteur sur les productions futures bien sûr. Il ne suffit pas de dire "il reste 90 ans de consommation de gaz aux US" pour dire qu'on n'aura pas de problème; d'abord parce que ce n'est pas
du tout vrai pour le pétrole, et ensuite parce que les problèmes arrivent à la moitié des réserves consommées, pas à la fin. La viabilité des gaz de schistes n'est pas démontré, puisque justement
leur exploitation massive a entraîné une baisse du prix qui les rend économiquement non rentable - l'équilibre économique va donc déterminer une production maximale qu'il n'est sûrement pas
possible de faire beaucoup croître. C'est la définition d'un pic, et ça veut quand même dire arrêt de la croissance, avant que ça commencre franchement à décroître. 



skept 23/12/2011 13:28


Fritz : oui. Incidemment, un marché est censé fonctionner optimalement s'il y a une bonne information des échangistes concernant l'offre et la demande (rôle du "commissaire priseur" ou
"secrétaire de marché" dans le modèle pur de Walras, étendu par Arrow-Debreu). Le cas pétrolier montre qu'en réalité, une partie des agents ont tout intérêt à créer et entretenir des asymétries
d'information.


 


Gilles : oui. En fait, comme le montre le
site de l'IIASA, le RCP 8.5 du GIEC n'est pas une création originale pour ce qui concerne l'estimation fossile, ce qui est assez curieux puisqu'il s'agit du scénario fossile-intensif. Son
article de référence (Riahi 2007, modèle MESSAGE)
renvoie en réalité à la base inchangée A2r (une des variantes d'A2r qui produisait déjà 8,4W/m2 de forçage en 2100), A2r qui dérivait lui-même des SRES 2000. On sait que le principal et
quasi-unique travail à l'origine des estimations fossiles dans ces SRES est Rogner 1997. Donc en 2013, le GIEC publiera un rapport dont l'un des scénarios fondés sur l'usage fossile repose sur
des estimations fossiles des années 1990, non mises à jour en fonction de la littérature (abondante) depuis dix ans ou, tout simplement, en fonction des observations empiriques (reconnaissance du
pic conventionnel par l'AIE, paraissant difficilement compatible avec les 2800 Gb de réserves conventionnelles ultimes exploitables selon Rogner 1997, soit plus du double de ce qui a déjà été
exploité, environ 1100 Gb). Rogner 1997 a été critiqué, par exemple Greene et al 2006 ou Hook et al 2009, mais ces critiques n'ont apparemment donné lieu à aucune prise en compte.


 


En fait, Rogner est un économiste de l'énergie, et à part cet article, il a essentiellement publié sur le nucléaire et les renouvelables. Ce n'est donc en rien un spécialiste du fossile. Dans
Gregory et Rogner 1998, il mentionne qu'il y a des estimations plus "pessimistes" chez certains géologues... mais c'est tout. Le RCP 8.5 repose donc sur une base on ne peut plus fragile. Les
points mentionnés ci-dessus sont par ailleurs loin d'être le seul problème (par exemple, l'A2r à la base du 8.5 n'est pas très favorable en évolution économique et technologique, alors que
l'optimisme sur les réserves utlimes demande au contraire une courbe de progression très soutenue dans les progrès d'extraction du conventionnel et du non-conventionnel). 

the fritz 23/12/2011 10:43


afin que l'on puisse comparer exactement ce que les chercheurs mettent dans la
boite en géologie,


-------------------------------


A la différence du climat , la recherche pétrolière est dans le domaine privé et
l'acquisition des données géologiques et sismiques coûte un max; il est donc inutile de croire qu'un jour quelqu'un d'indépendant puisse comparer ce que les géologues mettent dans les
boites


Au contraire des sceptiques du peak oil qui disent que celui-ci est une invention des
petroliers pour faire monter le prix du baril, je pense que tout le peuple impliqué dans la branche montre son optimisme pour faire croire que tout va bien et rassurer les actionnaires; la
plupart des pichuileux (comme on disait sur skyfall) sont des retraités ; exprimer son pessimisme pendant l'active est très mal vu